Décidément, Mme BOUTIN fait dans la sensiblerie, j'ignorais que les syndics souffraient d'un manque de renaissance, de la pénébilité de leur travail, comme tant d'autres. Mais alors que devient le copropriétaire consommateur dans tout cela?
ARC Abus n°1195: 21 11 07/© Madame BOUTIN, Les syndics et les copropriétaires ou : le monde à l’envers
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Le Président de la CNAB (Monsieur IVARS) s’est plaint - lors du récent congrès de la chambre professionnelle qu’il préside (le 9 novembre 2007) - du dossier consacré aux abus des syndics par le mensuel de l’Institut National de la Consommation (« 60 Millions de consommateurs ») et de son fort retentissement médiatique ( voir abus numéro 1171).
Madame BOUTIN, Ministre du Logement, présente à la clôture de ce congrès, a alors fort aimablement répondu à Monsieur IVARS et l’a, pour ainsi dire, consolé, en ces termes : « Je comprends. Vous avez été blessés (vous les syndics) par une campagne injuste et facile. Or, je n’aime pas l’injustice ».
Inutile de dire que nous sommes, de notre côté, très étonnés (il s’agit là d’une litote) par cette solidarité ministérielle avec les syndics.
Drôle de propos, en effet, dans la bouche d’un ministre en exercice concernant un dossier très sérieux établi par un organisme para-public au service des consommateurs et bien connu pour son objectivité et sa compétence, l’Institut National de la Consommation...
Nous aimerions bien savoir - au nom des sept millions de copropriétaires concernés - en quoi il y a eu « campagne », en quoi il y a eu « injustice », en quoi il y a eu « facilité ».
Ø Madame BOUTIN a-t-elle déjà eu à payer 500 € à un syndic pour remplir un état daté établi en une heure ?
Ø Madame BOUTIN a-t-elle eu à payer une quote-part de 6 000 € de travaux à un syndic parce que celui-ci avait fait passer en assemblée générale des devis de mise en conformité des ascenseurs s’élevant au DOUBLE de ce qui aurait dû être ?
Ø Madame BOUTIN se bat-elle depuis dix ans pour faire reconnaître (ce que la DGCCRF - Direction Générale de la Concurrence, Consommation et Répression des Fraudes - et le Conseil National de la Consommation ont fini par admettre) que les abus en matière d’honoraires de syndic avaient dépassé la côte d’alerte (abus qui viennent doubler voire tripler les honoraires de base) ?
Ø Madame BOUTIN trouve-t-elle « facile » de rappeler aux syndics que la loi doit être respectée par tous et d’abord par eux, et qu’il est illégal - un exemple parmi mille - de faire travailler ses filiales sans autorisation des assemblées générales et au prix fort ?
Ø Madame BOUTIN a-t-elle déjà assisté à des assemblées générales tenues par les plus grands syndics de France et dès lors constaté les mille et un abus permanents qu’on peut y relever facilement sans avoir fait une licence de droit ?
Ø Madame BOUTIN a-t-elle parcouru le site Internet de l’ARC où, chaque semaine depuis quatre ans, des syndics adhérents - grands ou petits - à la CNAB sont confrontés à leurs erreurs, illégalités et comportements préjudiciables aux copropriétaires ?
Visiblement pas. Et nous pourrions continuer ainsi très longtemps.
Alors nous demandons : « Où est l’injustice ? ». Est-elle dans l’action des associations de copropriétaires enfin relayée avec efficacité par « 60 Millions de Consommateurs » ? Ou bien dans le fait de refuser aux copropriétaires le droit élémentaire de se mobiliser et de se défendre ?
Oui, c’est le monde à l’envers. Les victimes sont stigmatisées parce qu’elles réussissent enfin à se faire entendre.
Les responsables, pris dans la main dans le pot de confiture, non seulement sont plaints par un ministre en exercice, mais sont soutenus dans leurs actions visant à rétablir leur « image », Madame BOUTIN étant allée, en effet, jusqu’à annoncer au cours du congrès de la CNAB qu’elle aiderait la CNAB dans sa campagne de « réhabilitation » de l’image ternie des syndics.
On vous le redit : le monde à l’envers.
C’est pourquoi nous avons décidé :
- d’adresser une lettre à Madame BOUTIN ;
- de lui demander audience pour lui faire connaître la situation réelle et vécue par les copropriétaires.
Serons-nous entendus ? Voici notre courrier :
Le 9 novembre dernier, au cours du congrès de la CNAB, vous avez répondu à son président - Serge IVARS - qui se plaignait des « attaques » - selon lui - dont la profession faisait actuellement l’objet : « Vous (les syndics) avez été blessés par une campagne injuste et facile ».
Nous sommes très surpris que vous puissiez considérer que le travail très approfondi et « consumériste » réalisé par l’équipe de l’INC (Institut National de la Consommation) et de « 60 Millions de Consommateurs » puisse être assimilé à une « campagne injuste et facile ».
Comme vous le savez, Madame la Ministre, il ne sert à rien de casser le thermomètre pour arrêter la fièvre…
Nous pouvons vous assurer :
a) qu’il ne s’agit pas d’une « campagne », mais bien d’un problème de fond ;
b) que les mises en cause qui ont été faites des syndics ne sont pas « injustes », mais particulièrement fondées, malheureusement (et encore, ne s’agit-il que d’un aperçu);
c) qu’elles sont encore moins « faciles » puisqu’il aura fallu à l’ancien Gouvernement dix ans pour ressolliciter le Conseil National de la Consommation à ce sujet.
C’est pourquoi étant donné la complexité de ces sujets et l’ampleur des problèmes en jeu, nous souhaiterions - au-delà des polémiques - pouvoir vous informer de la situation réelle de la Copropriété dans notre pays, des difficultés de plus en plus grandes auxquelles se heurtent les copropriétaires et des causes profondes expliquant la dégradation alarmantes des relations entre syndics professionnels et copropriétaires.
Vous avez d’autre part, annoncé que vous alliez aider la CNAB dans son opération de redressement de l’image des syndics, ce qui nous semble également très surprenant.
Là encore, nous souhaiterions pouvoir vous exposer le point de vue de l’ARC principale association de conseils syndicaux en France et vous expliquer les raisons fondées qui expliquent non seulement que l’image de cette profession soit à ce point ternie mais que le nombre de ses pratiques commence à poser de sérieux problèmes en terme, notamment, de pouvoir d’achat.
Nous sommes cependant prêts à rechercher, avec vous et avec les syndicats professionnels les mesures à mettre en œuvre pour réconcilier durablement les copropriétaires et les syndics (au-delà de campagnes « publicitaires » bien inutiles qui ne feraient qu’agir sur les symptômes et non sur les causes) et surtout faire en sorte que tous les professionnels soient réellement au service de la qualité de gestion des copropriétés et de la maîtrise des charges.
Dans l’espoir que vous pourrez nous accorder l’audience sollicitée, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’assurance de notre haute considération.
Fernand CHAMPAVIER Le Président.
Copie : Monsieur FILLION, Premier Ministre Monsieur Luc CHATEL, secrétaire d’Etat.
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